Le tallage dans le maïs

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Le tallage consiste en l’apparition de tiges secondaires (végétatives ou reproductrices) à la base de la tige principale des graminées. Le maïs est une graminée hautement spécialisée. Bien que le tallage soit une étape indispensable de la production du blé, de l’orge et de l’avoine, ce phénomène est considéré beaucoup moins avantageux dans le maïs. On raconte depuis toujours que ces tiges secondaires « pompent » les nutriments de la tige principale. Des travaux réalisés à l’Université de l’Illinois montrent pourtant qu’il n’en est rien. Beaucoup d’agronomes sont d’avis que le bilan du tallage est généralement neutre. Le tallage peut même devenir un avantage dans le maïs cultivé pour l’ensilage, car la quantité de matière sèche produite par unité de surface est alors plus importante.

Qu’est-ce que le tallage ?

Le tallage consiste en l’apparition de branches qui se développent à partir de bourgeons sur les cinq à sept nœuds inférieurs de la tige principale d’un plant de maïs. Au plan morphologique, ces ramifications sont identiques à la tige principale et sont capables de produire leurs propres racines, nœuds, feuilles, panicules et épis si la saison de croissance est suffisamment longue.

Pourquoi ce phénomène se produit-il ?

Le nombre de tiges secondaires qui apparaissent est déterminé par le peuplement, l’espacement, la fertilité, les conditions de croissance en début de saison et la constitution génétique de l’hybride. On risque davantage de trouver des talles dans les zones plus clairsemées d’un peuplement et près des bords de champ. Le tallage est plus susceptible de se produire quand les nutriments et l’eau sont abondants. Il est aussi possible que certains hybrides aient conservé davantage des gènes de tallage que possédaient les ancêtres du maïs et qu’ils soient, par conséquent, plus sujets à ce phénomène que d’autres. Des études effectuées en milieu universitaire ont montré que très peu de photosynthétats sont échangés entre la tige principale et les tiges secondaires avant la sortie des panicules. Toutefois, après l’apparition des soies et durant le remplissage des grains, il peut y avoir transfert de sucres entre les ramifications dépourvues d’épi et les épis de la tige principale. Quand la tige principale et une tige secondaire portent toutes deux un épi, très peu de sucres se déplacent. La tige principale et les tiges secondaires agissent indépendamment les unes des autres, et chacune reçoit des sucres de ses propres feuilles.

Que peut-on faire ?

Dans le cas où un hybride présentant un excellent potentiel de rendement a tendance à taller dans les conditions normales de croissance, ne vous en faites pas. Cependant, un tallage excessif (plus de deux ou trois tiges secondaires par plant) peut révéler un problème de densité et de distribution du peuplement. Un peuplement sous-optimal ou des manques dans les rangs sont des situations qui devront être corrigées pour les années à venir, par quiconque souhaite optimiser le rendement de sa culture.

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Sources :
Pennington, D. Michigan State University Extension, Does Tillering Hurt Corn Yields? http://www.msue.msu.edu/
Nielson, B. Purdue University, Tillers or “Suckers” in Corn: Good or Bad? http://www.ag.purdue.edu/agry/extension/
Nafziger, E.G. 1998. University of Illinois, Effect of Tiller Removal on Corn Yield. http://www.cropsci.illinois.edu/research/rdc/report98/